Nous avons appris par médias interposés que s'est tenue le 4 juin 2007 à Grenoble, la rencontre intitulée "bus de l'amitié judéo musulmane", 2ème du nom.

Ces rencontres ont pris leur source dans des discours du type : "Les tensions qui s'étaient produites entre les deux communautés il y a quelques années avaient alors incité responsables juifs et responsables musulmans à faire le pari de porter partout en France le message qu'ils étaient proches. " ( le blog de Michel Destot ). On a entendu d'autres dire il y a quelques années que les quartiers, et implicitement la composante jeune-arabo-musulman, étaient porteur d'un nouvel antisémitisme.

Pourtant, il n'y a jamais eu de problème réel entre les communautés juives et musulmanes en tant que telles, ni à Grenoble ni ailleurs en France. s'il y a eu des faits d'antisémitisme, ils sont externes au phénomène communautaire.

Rappelons que M. Roger Cukierman, ancien président du CRIF, s'était déjà distingué par des propos injurieux à l'encontre des musulmans après le premier tour des élections présidentielles d'avril 2002 en affirmant au journal israélien Ha'aretz du 23 avril 2002) que « Le succès de Le Pen est un message aux Musulmans de se tenir tranquille, parce qu'il s'est toujours opposé à l'immigration musulmane ». (Oumma.com)

Nous avions rappelé en mars 2007 avec une trentaine d'associations, qu'il n'existe pas de hiérarchie dans les racismes et que faire cette distinction était une forme d'affirmation élitiste et préférentielle. Toutes les discriminations doivent être combattues.

Quelle est le but réel de cette démarche ?

Verra-t-on demain le bus de l'amitié judéo-noir, islamico-nordique ou asiatico-chrétien ? Ou bien n'y a-t-il que l'amitié judéo musulmane qui nécessite d'être valorisée, si oui, pourquoi ?

Peut-être assistons nous plutôt à la continuité d'un discours utilisant les phénomènes religieux pour fabriquer des rapports politiques communautarisés.

Le CRCM avec son représentant Allal Jamad (par ailleurs président du Conseil des Imams de l'Isère) n'a pas communiqué les raisons et objectifs de sa démarche. Par ailleurs, le CRIF cite cette personne comme étant "l'imam de la ville" ( CRIF).

Faut il croire que ces instances, CRCM et Conseil des Imams de l'Isère, n'ont qu'une seule voix sur cette question et que les autres problèmes politiques et sociaux qui peuvent questionner les 2 communautés, comme la question palestinienne par exemple, n'ont pas droit au chapitre ?

Si cette question est forte au sein des quartiers populaires, nous ne devons pas croire qu'être éxigent et désirer la justice équivaut à l'importation du conflit au sein de nos quartiers.

Nous savons que au delà de nos frontières, ce conflit interpelle toutes les consciences. Pas de justice, pas de paix.

La communauté musulmane doit affirmer sa contribution sociale, économique et intellectuelle sans forcément passer par le filtre des instances pour être reconnue.

De plus ces instances ne sont pas forcément représentatives de l'ensemble des courants de pensée issues de ces communautés. Par exemple, l'UJFP(Union Juive Française pour la Paix) n'a pas du tout le même avis que le CRIF sur beaucoup de questions. Le CMF(Collectif des Musulmans de France) a aussi d'autres analyses que l'UOIF.

En conclusion, nous pensons que le CRCM Rhones Alpes creuse l'écart existant entre lui et les musulmans et nous espérons que le Conseil des Imams de l'Isère sache faire la part des choses entre ses objectifs réels et l'envie de certains de le faire valider des projets qui ne font pas parti de ses prérogatives.